Un ordinateur pour seulement 20 €

C’est le tarif imbattable proposé par une association nantaise. Elle recycle les machines et les fournit contre le prix d’une adhésion. Avec, en prime, des ateliers de formation.
L’initiative
« Avec 770 € par mois, je n’avais pas les moyens de m’offrir un ordinateur. Alors je me suis adressée à Alis 44 (Association libre informatique et solidaire). Depuis mai, ça y est, je suis équipée », se réjouit Halima.
Cette mère de famille, qui élève seule ses deux enfants, n’imaginait pas trouver un ordinateur pour seulement 20 €, le prix de l’adhésion à l’association. Alis 44 possède d’ailleurs une petite soeur à Saint-Nazaire, l’association Snalis.
Offrir des ordinateurs aux précaires, personnes âgées et handicapés, c’est ce qui motive Nacer Zourane et Frédéric Arnaud, tous deux salariés de l’association, créée en 2006. « Nous aussi, avons été précaires et avons touché le RMI, confient-ils. Notre but est de lutter contre la fracture numérique, c’est-à-dire de faciliter l’accès aux nouvelles technologies. »
Une démarche qu’apprécie beaucoup Maryline, une Nantaise en recherche d’emploi, qui a obtenu une machine en mai dernier : « Tout le monde a besoin d’un ordinateur. C’est une super initiative ! »
Stop au gaspillage
Alis 44 récupère des PC de cinq ans maximum. « Très souvent, les entreprises jettent leurs ordinateurs au bout de trois ans d’utilisation. C’est hallucinant, tout ce gaspillage, s’indigne Frédéric. On prône la réutilisation avant le recyclage. De quoi limiter les déchets. »
Alis 44 préfère cependant récupérer des parcs informatiques entiers auprès des entreprises. Avec des machines similaires, les techniciens peuvent faire du clonage ; c’est plus rapide.
Déjà 220 personnes ont bénéficié d’ordinateurs. Mais, actuellement, l’association manque cruellement de dons et n’a plus de machines à reconditionner. La liste d’attente est considérable : 81 particuliers, en plus d’associations, demandent des ordinateurs par dizaine, voire plus.
Avec des logiciels libres
L’association recherche donc des partenaires au-delà de Système U, avec qui elle travaille habituellement. Philippe Le Cam, directeur organisation et systèmes d’information de Système U Ouest, apprécie en effet cette démarche citoyenne, « autant l’aspect social qu’écologique. Nous n’aurions pas ce partenariat, nous jetterions notre matériel. »
Les ordinateurs sont reconditionnés sous logiciels et systèmes d’exploitation libres, beaucoup moins gourmands en ressources que les systèmes d’exploitations classiques. « On peut tout contrôler, les logiciels sont modifiables et distribuables à volonté, soulignent ces militants du libre. Et, surtout, l’utilisateur n’a pas à se préoccuper des virus. Il n’y en a pas, ou très peu. »
Les adhérents sont accompagnés lors d’ateliers de formation. « On peut revenir autant qu’on en a envie. Moi, j’y reviendrais bien pour apprendre à assembler des ordinateurs », sourit Maryline, avide de percer le mystère de ces machines. « Et moi, pour apprendre à me servir du tableur pour mes factures », ajoute Halima.
Toutes deux sont d’ailleurs motivées pour aider l’association en secrétariat. Alis 44 manque en effet de ressources humaines, notamment pour la comptabilité et la gestion.
Plus d’infos. Alis 44 (Association libre informatique et solidaire), 2, rue Louis-Marin, à Nantes ; http://www.alis44.org ; tél. 06 47 98 02 68.
Caroline BONNIN





